samedi 22 janvier 2005

C'est décidement une autre culture...

Après avoir passé de très bonnes mauvaises vacances avec des amis collègues de travail allemands, je dois dire que je n'étais pas au bout de mes surprises. Et pourtant. Je pensais avoir vu tout ce qui était imaginable. Et bien, de toute évidence, mon imagination doit être bridée, trop bridée.

La semaine dernière fût pour ma part riche en apprentissage. Voici tout ce que j'aurais du savoir pour ne pas avoir l'air bête...
  1. Tous les midis, c'est Ramadan surprise. Inutile d'émettre l'hypothèse d'un quelconque sandwich. On préfèrera alloir boire un demi aux milieux des pistes.
  2. Les pistes ferment à 16h. Pouf pouf. Inutile de penser à goûter. Simplement boire. Le liquide, ca passe mieux en altitude.
  3. Conséquence directe du point précédent, inutile de penser boire l'apéritif ou quelque chose dans le genre, on mange à 18h30. Mais attention, il ne faut pas surcharger l'estomac le soir avant d'aller dormir. Alors, on ne mange qu'un menu enfant. Ensuite, il suffit de boire (comme il est reconnu mondialement que l'alcool nourrit).
  4. Inutile d'essayer d'avoir une conversation intéressante. On est pas là pour ça, on est là pour la neige.
  5. Avoir l'estomac bien accroché parce que la charcuterie au milieu de la table à 9h tous les matins, c'est du défi. Heureusement que le Nutella était là.
En conclusion, là-haut, on aurait pu mourir de faim mais sûrement pas de soif !! Le concept du repas doit être différent ici. Manger, c'est sûrement une perte de temps. Remarquez, c'est un besoin purement physiologique, alors pourquoi s'embêter avec ça ?

Bref, hier soir, de nouveau, un test grandeur nature. J'avais déjà un mauvais pressentiment. Description du cadre: 4 jeunes diplômés embauchés entre octobre et décembre dans le même service, tentative d'intégration, organisation d'une "soirée". Voila, l'aventure commence. On envoie donc une invatation à tout le monde. Seule la moitié répond, l'autre moitié préférant nous laisser deviner leur éventuelle présence. On refait une piqûre de rappel à ceux qui avaient répondu positivement. Là encore, seule la moitié (ca fait donc un quart si vous avez bien suivi ;)) répond.
Au bilan, hier soir, nous avions prévu qu'il y aurait 30 personnes (d'après les réponses reçues) mais finalement, parmi ceux qui sont venus, nombreux étaient ceux qui n'avaient pas répondu et beaucoup de ceux qui avaient répondu positivement ne sont pas venus. Tout le monode a voulu commencer à manger à 18h ce qui a inévitablement conduit à tuer la soirée avant même qu'elle ne soit commencée. A 22h, presque tout le monde était parti. A minuit, tout était rangé, nettoyé et j'étais chez moi. Y'a pas à dire, ça, c'est des soirées !!! J'oubliais... Parmi les "invités", beaucoup sont célibataires et n'avaient rien à faire de leur vendredi soir...

Alors maintenant, je ne vois pourquoi je ferai des efforts pour m'intéger. Après tout, ils ne sont que de simples collègues. Pourquoi j'essaierai d'avoir de vraies relations amicales avec eux???

Voici donc en condensé la recette pour faire une soirée ratée :
  • Inviter des personnes qu'on a pas réellement envie de voir (mais quand on n'est pas seul à l'organiser... ben tintin !)
  • Manger à 18h. Ne pas prendre le temps de discuter autour d'un verre.
  • Ensuite, boire parce qu'on ne sait pas quoi faire d'autre.
Si j'avais bu comme tout le monde, peut être que je ne me serai pas rendu compte de la léthargie ambiante qui régnait. Mais voilà, je conduisais...

Finalement, je crois que hormis les habitudes alimentaires, il s'agit plus d'une question de personnes... C'est peut-être encore plus décevant.

jeudi 20 janvier 2005

Rencontres franco-francophiles

La proposition était lancée depuis quelques mois maintenant sur divers forums. Il fallait quelqu'un pour envoyer les invitations. J'ai pris alors le taureau par les cornes. Hier, plusieurs français se sont réunis l'espace d'une soirée, autour d'une table. Stammtisch dit-on ici. Il a alors été question de tout et de rien, des langues qui se délient pour aborder des sujets divers et variés sans retenue. Et j'y étais. Très plaisant et encourageant. Rencontrer de nouvelles têtes, faire connaissance, partager des moments, des idées, discuter. Parce que la langue et la culture ne s'opposent plus, tout devient plus facile.

Alors, expérience à renouveler sans hésitation, aucune.

mercredi 19 janvier 2005

VII

Le seul mauvais choix est l'absence de choix.
Amélie Nothomb
Extrait de la Métaphysique des tubes

Un livre est une fenêtre par laquelle on s'évade.
Julien Green

Ce qu'il y a de meilleur à l'étranger ce sont les compatriotes qu'on y rencontre.
Paul-Jean Toulet
Extrait de Journal et voyages

mardi 18 janvier 2005

Quand l'argent prends le dessus...

Aujourd'hui, grande première pour moi... J'ai assisté à ce qu'ils appellent "an infossesion". Le thème ??? Très simple: Setting goals according to the target salary management system. Beau programme. A vrai dire, je m'étais inscrit pour la première partie du thème... Le fameux Setting goals parce que finalement, c'est pas la chose la plus simple lorsque l'on débute dans une multinationale.

Parce qu'évidemment, il faut savoir que lorsque l'on travaille dans une multinationale, on ne maîtrise rien. Tout est quadrillé, rangé dans des petites cases. Rien n'est laissé au jugement et à l'appréciation. Alors, comme dans toutes les grosses boîtes dignes de ce nom, il y a ce qu'on appelle une grille de salaire basée sur un tas de critères. Il est alors question de motiver chaque employé à aller dans la même direction que celle que le comité de direction a décidé. Alors, comme l'employé est vil et cupide, on lui met une carrotte. Parce que sinon, il avance pas le bougre. Vous me direz que j'éxagère mais j'en ai eu la preuve par a+b ce matin. Dès qu'il est question d'argent, tout le monde montre un intérêt particulièrement accru. Second facteur: il y a toujours la fameuse question du "mais si je perds du temps à aider mon collègue, je ne peux pas atteindre mes objectifs et je vais gagner moins". Troisième anecdote: "Si la socièté n'atteint pas les objectifs globaux qu'elle s'est fixée, c'est pas de ma faute et je toucherai moins. C'est pas normal" (parce que les objectifs fixés sont répartis en plusieurs catégories/niveaux: individuels, team, business unit et entreprise). Alors là, j'ai failli applaudir des deux mains. C'est navrant cette cupidité et ce manque de réflexion. Je ne sais s'il a compris que tout était justement fait pour que les objectifs de l'entreprise soient atteints... C'est un peu le but de la carotte: faire avancer le brave employé qui ne voit pas plus loin que le bout de sa fiche de paie pour l'amener là où l'on veut qu'il soit. Heureusement que le consultant lui a répondu: "Si l'entreprise ne gagne pas d'argent, croyez vous sincérement qu'elle vous donnera cette compensation salariale ?".

Je ne sais pas où je suis tombé mais je commence à le découvrir doucement. Peut-être suis-je encore trop idéaliste mais la cupidité et la médiocrité de la masse qui m'entoure m'interpelle. Jamais je n'aurais pensé trouver tout cela de manière si concentrée. Je vous le dit, je fais des découvertes tous les jours ici !!!

lundi 17 janvier 2005

Les Alpes Autrichiennes, délices de couleurs et de contrastes

Lever de Soleil sur les Alpes AutrichiennesFinalement, j'ai en pris plein les mirettes. Une semaine passée à 1800 m d'altitude, c'est constamment un déluge de lumières, d'éclairages qui confèrent à ces paysages magnifiques chaque minute un aperçu différent. Parfois nuageux, parfois éblouissant, c'était avec émerveillement que je m'arrêtai au milieu de nulle part. Simplement pour laisser déambuler mon regard ci et là, pour laisser divaguer mon esprit au beau milieu de cette sereine immensité.

Lever de Soleil sur les Alpes AutrichiennesLes journées m'auront donc été bénéfiques. Rien à voir avec les personnes avec qui j'ai pu passer le séjour... Mais, j'y reviendrai très prochainement, histoire de raconter tout le bien que je pense désormais d'eux. Se retrouver seul, comme pour changer, mais au milieu des hauteurs m'a en réalité permis de me "vider la tête". Je repars maintenant d'un meilleur pied. Mission accomplie. Dépaysement garanti. Revenu en forme avec des couleurs sur le visage, rien de tel pour débuter une nouvelle année !!! Vivement les prochaines vacances (en Suède cette fois ;))

PS: Plus de photos sont disponibles ici

samedi 8 janvier 2005

Bis repetita... vacances, quand tu nous tiens !

Montagne enneigéeDemain, je pars pour l'Autriche. J'essaierai de laisser cette humeur de Schtroumpf grognon qui ne me quitte plus depuis quelques semaines ici. Besoin de voir autre chose, les grands espaces, l'air pur. Me retrouver face à l'immensité de la montagne...
Grande découverte pour moi que sera cette incursion dans ce pays qui m'est inconnu. J'y croiserai peut être cette traditionelle jeune fille en robe rouge, cette Heidi tant connue du grand public mais que je n'ai encore jamais vu. Ou alors, au détour d'un virage, je verrai 13 tyroliens en train de jouer avec leurs cordes vocales. Point de réponse pour l'instant. Mais soyez certains qu'un compte-rendu détaillé aura sa place ici dès mon retour !

Seule certitude pour l'instant, la montagne a été recouverte d'un tapis neigeux remarquable. Le chalet nous attend au milieu du domaine. Y transporter les bagages sera digne d'un exploit. Inaccessible par la route, il faudra alors prendre le téléphérique jusqu'au milieu de la station puis redescendre de 350 mètres. Pas question d'emporter casseroles, couscoussière et autres ustensiles dans les valises, il paraît que tout y est !!! Espérons qu'il y aura le nécéssaire pour une bonne raclette ou même une fondue sinon, le séjour aura assurément une saveur d'inachevé. Bref, commencer le séjour de la sorte, c'est la chute assurée mais l'entêtement dont je sais faire preuve me mènera à bon port. Par n'importe quel moyen... même sur les fesses ! :)

Basilique de Fourvière à LyonEspérant que tout sera au rendez vous tout de même, que ce soleil d'un jaune éclatant le jour laisse la place à de belles chutes de neige la nuit, que ces jeux de lumières dignes de ceux de la Basilique de Fourvière à Lyon en fin de journée (NdA: en longeant les quais de la Saône par un soleil couchant, on peut voir la Basilique revetûe d'une clarté quasi aveuglante contrastant avec l'obscurité relative des alentours) soient quotidiens.

Mais cette fois, c'est un brin mélancolique que je fais mes bagages. J'aurais bien aimé repartir aux sports d'hiver avec mes amis de l'an dernier. Mais, cette fin d'époque a provoqué nombre de séparations et d'incompatibilités dans les emplois du temps... Le temps manque, plus que jamais. Une chose est sûre, de là-haut, je penserai à eux... en attendant de pouvoir revivre ces aventures là avec eux.

Voila ma contribution au jeu proposé par Kozlika. Merci d'avoir eu cette idée lumineuse !

jeudi 6 janvier 2005

2004 : cocktail d'histoires et de péripéties...

Janvier: Dernière ligne droite avant la fin de mes études. Je retrouve Nantes. L'ambiance est déjà sur le départ.
Février: Je reçois mon contrat de stage... Je repars pour l'Allemagne du 5 avril au 17 septembre. Rebelote. Je pars pour la première fois de ma vie au ski. Je m'essaie au snowboard. Ca fait mail, très mal.
Mars: Dernier mois sur Nantes. L'impression de ne pas en profiter prédomine. Malaise sensible chez tout le monde. La fin d'une époque.
Avril: Arrivée en Allemagne. Rien n'a changé depuis 6 mois. Logement trouvé in extremis (i.e. 2 jours avant de partir, merci les "collègues" qui font des promesses en l'air).
Mai: La routine s'installe doucement. Aller au boulot tous les jours. Profiter des jours fériés pour faire de timides incursions en France. Revoir les amis, la famille.
Juin: Je commence timidement à blogger. Histoire de raconter mes aventures d'ici à quelqu'un sans "spamer". Organiser les vacances d'été. Signer un contrat que tout le monde soupçonnait sauf moi. Où je suis parti ?
Juillet: Partir loin une semaine, revoir les amis, camper sur le bord de mer. Jouer de la guitare dans un champ au clair de Lune.
Août: Revenir avec quatre amis dans la voiture. Vivre une (trop) courte relation. Heurter un chinois dans une voiture de location.
Septembre: Être à la bourre pour le rapport de stage. Finalement le boucler dans les temps. Préparer ses vacances et accessoirement sa soutenance à Nantes.
Octobre: Rentre de nouveau. Travailler pour du vrai. Gagner un vrai salaire. Aller chercher son diplôme. C'est vraiment la fin d'une époque.
Novembre: Les premières neiges arrivent. Pfff, le moral n'est pas au top.
Décembre: Il me faut des vacances. Je veux partir. Merci les soeurettes.

Les bonnes résolutions ? On peut oublier tout de suite. Je ne les tiendrai pas de toute façon ;) La seule résolution que je tiendrai, ca sera assurément Carpe diem. Encore et toujours. Je crois que ca me résume assez bien en fin de compte.

mercredi 5 janvier 2005

J'oubliais....

Alors comme c'est la coutume, il paraît qu'il faut souhaiter une très bonne année 2005 à toutes et á tous. Petite piqûre de rappel pour les gens que l'on a pas vu depuis longtemps.

Je trouve cela ridicule. Tous les ans, tout le monde répète la même chose. Depuis lundi, je croise des gens dans les couloirs qui me souhaitent "ein frohes neues" alors qu'ils s'en foutent pertinement. Je trouve ca navrant...

En attendant que la valse des voeux prenne fin, je fais de même. Parce qu'il faut être poli et bien attentionné. À une exception près... Ceux à qui je souhaite une bonne année, c'est parce que je le pense vraiment. Ceux là sont bien plus que de simples connaissances...

mardi 4 janvier 2005

Et une de plus

Voila. C'est fait. Une fois de plus au compteur. Je ne sais combien de fois encore je ferai ce voyage mais une chose est sûre, c'est toujours avec le même plaisir que je me rends là-bas, toujours avec la même douleur, ces larmes naissantes que j'en repars, toujours avec le même plaisir que j'évoque les souvenirs qui sont nés là-bas, toujours avec le même plaisir que j'organise la prochaine fois.

J'ai beau essayé de faire de mon mieux, il m'est difficle de m'intégrer dans ce pays qui n'est pas le mien. Je devrais plutôt dire "de revenir vers ces lieux presque désertés de bons souvenirs". A chaque retour ici, c'est comme un nouveau "choc culturel". On oublie bien vite lorsque l'on se retrouve près des siens. Alors, comme ici, je suis un véritable éléctron libre, rien ne me retient, rien ne m'attire particulièrement. Difficile de s'en faire une raison. Difficile de créer de vraies relations et lorsqu'elles existent, la distance n'arrange pas le schmilblick. Alors reste à se bâtir des souvenirs sur place.

Alors, que faire... Espérer des jours meilleurs. Un léger temps de réadaptation et tout ira bien mieux. En attendant, je scrute mes emails, je me sociabilise avec ceux que j'ai laissé de l'autre côté... Histoire de se sentir un peu moins seul.

Come back

Les meilleures choses ont une fin. Les vacances sont terminées. Me voila de retour en Allemagne, avec le moral pas forcément au beau fixe... Dur dur de se séparer à nouveau de ce qu'on aime.