mardi 15 février 2005

Addiction

Tout cela s'est insidieusement introduit dans ma vie. Un peu plus chaque jour. Maintenant, je ne peux plus m'en passer. Ca a commencé par une prise deux fois par jour et au fur et à mesure, elles sont rapprochées. Toutes les cinq minutes maintenant... Et pourtant, ca ne change rien. Cela ne sert strictement à rien de regarder ses mails toutes les cinq minutes. Cela ne sert à rien de regarder tous les quarts si l'agrégateur ne donne pas de nouvelles. C'est comme MSN et cette pléthore messagerie instantanée. Alors, je guette la moindre notification, le moindre indice. C'est grave Docteur?

Internet, c'est bien. Ca permet de garder contact avec ceux qui sont loin, de rester informé mais finalement, ca rend un peu autiste sur les bords. On ne pourrait que regarder à travers cette lucarne. Vous m'excuserez alors si je prends mes distances ;)

dimanche 13 février 2005

Quelques photos...

Quelques photos de Bulgarie sont en ligne. Il y en a très peu. Une certaine pudeur m'empêchait de déclencher l'obturateur...
Vous n'y trouverez que monuments typiques et autres paysages sans réelle signification si ce n'est un éclairage particulier grâce au soleil d'hiver bien présent.

Repère, repaire ?

Qu'il est doux de retrouver son chez soi. Ses petites habitudes, son lit, ses repères. Etrangement d'ailleurs. Je n'ai jamais considéré Heidelberg comme mon véritable chez moi mais plutôt comme une étape supplémentaire au cours de mes pérégrinations. Et pourtant... Après avoir passé une semaine au bout de l'Europe, j'étais pressé de rentrer. Sensation étrange que celle de comprendre sans faire d'effort ce que les gens disent, de comprendre ce qu'il y a sur les panneaux. En une semaine, on oublie bien vite d'où l'on vient lorsque ce qui nous entoure est un tourbillon d'incompréhensions. C'était la première fois que j'allais dans un pays où je ne pouvais pas du tout comprendre ce qui m'entourait. Et la langue n'était pas le seul facteur. Ce décalage impressionnant entre ces deux univers. Je crois que ce voyage m'aura beaucoup plus apporté qu'une simple meilleure collaboration avec mes collègues bulgares. Après avoir partagé un peu de leur quotidien, je les regarde différemment. Mais ce qui me taraude, c'est de savoir comment ils voient l'Allemagne lorsqu'ils y viennent...

Finalement, on se raccorche toujours à ces petites choses que l'on connait pour éprouver un quelconque sentiment de sécurité, de stabilité. Ca fait du bien de rentrer à la maison.

samedi 12 février 2005

Recueil d'apriori

Maintenant que j'en suis rentré, en y réflichissant bien, la Bulgarie, ça vaut son pesant de cacahuètes...
Alors voila, d'après ce que j'ai pu voir, la Bulgarie, c'est:
  • un pays de l'Est (ça veut déjà tout dire).
  • un alphabet bizarre avec 4 groupes de lettres: celles qui appartiennent à l'alphabet. romain, celles qui appartiennent à l'alphabet grec, celles qui appartiennent à l'alphabet russe et les autres.
  • des Lada partout avec des grosses allemandes entre elles.
  • des bus et des tramways ressemblant aux nôtres des années 80.
  • des comptes à rebours aux feux (pour le vert et pour le rouge).
  • de la Rakia à tous les repas (sauf au boulot).
  • bon marché. Le repas dans un bon restaurant coûte autour de 15 Leva... i.e. 7 euros. Boissons non comprises bien sûr.
  • des températures trop négatives. -10°C tous les matins à 9h, c'est un peu trop frisquet pour moi.
  • des églises/cathédrales orthodoxes au style très particulier
  • 2h10 de vol au départ de Franfort qui durent 3h10 pour l'aller et 1h10 pour le retour
  • les Balkans à quelques kilomètres
  • vue d'avion, des agglomérats appelés villes avec des kilomètres de vides les séparant.
En fait, j'ai pas pu voir grand chose de Sofia parce qu'avec les températures qu'il y faisait, on ne s'aventurait pas dehors. Et puis, comme j'y suis allé pour le travail, j'ai pas vraiment eu le loisir de visiter...
Finalemant, le sentiment qui prédomine en y repensant, c'est cette impression de malaise. L'occidental qui débarque pour dicter à ses collègues bulgares ce qu'ils doivent faire. La plupart de nos paroles étaient bues comme vérités universelles, assez dérangeant en fin de compte. Cette culture de la hiérarchie envahissante, certainement un héritage du blocus soviètique. Ce décalage important entre nos styles de vies, cette impression de ne pas savoir se satisfaire de ce que l'on a. Ce contraste omniprésent qui dénonce un développement à deux vitesses, ces investissements massifs de l'Europe de l'Ouest. Bref, je reste perplexe et ne sais pas vraiment quoi penser de ce pays et de ces gens. En tout cas, cela force un peu plus l'humilité.

jeudi 10 février 2005

XI

Sur les flots, sur les grands chemins, nous poursuivons le bonheur. Mais il est ici, le bonheur.
Horace - Extrait de Epîtres

Enfin, pas ici ici mais plutôt là-bas si vous voyez ce que je veux dire. Par moments, il faudrait peut-être que j'ouvre les yeux et que j'arrête de me projeter dans d'hypothétiques moments futurs...

mercredi 9 février 2005

Immersion en apnée

J'avais finalement bien vite oublié cette étrange sensation que l'on ressent lorsque l'on essaie de s'immerger dans une autre culture. La première fois que je suis arrivé en Allemagne pour un long séjour, cette immersion me fût difficile. Et pour cause ... Devoir se concentrer toute la journé pour comprendre ce que l'on te dit, pour essayer de bredouiller quelques mots dans une langue qui ne t'est pas naturelle est plutôt épuisant. Les maux de tête sont aux rendez-vous. Les journées paraissent plus longues.
Alors maintenant que mon allemand s'est amelioré et que je ne me force pas pour le parler, c'est au tour de l'anglais de pointer le bout de son nez. Ce séjour aura au moins l'avantage d'améliorer mon élocution dans la langue de Shakespeare. Mais le pire dans tout ca, c'est que lorsque je parle anglais, ce sont des constructions grammaticales allemandes qui me viennent à l'esprit.
Et puis comprendre un Bulgare qui parle anglais, c'est pas non plus une chose tr&eagrave;s facile. Ben oui, il faut mettre un filtre "Enlever les r qui roulent et autres sonorités chantantes" pour ensuite passer cela à la moulinette. Enfin, on met la machine à traduction automatique en route et on attend que l'information remonte au cerveau.

Et le meilleur (ou pas), c'est que bien souvent je ne repasse pas par le Francais pour parler en Anglais ... Si ca continue comme cela, je vais vraiment craquer. Ne me dites pas que je suis perdu. Aidez-moi !!!

mardi 8 février 2005

X

La bonne humeur a quelque chose de généreux : elle donne plutôt qu’elle ne reçoit.
Alain
Extrait de Propos

Une idée que j'ai, il faut que je la nie : c'est ma manière de l'essayer.
Alain

Température indiquée à 9:00 : -11 degrés. Il paraît que c'est particulièrement frais pour la saison... Soleil radieux, ciel azuréen.

lundi 7 février 2005

C'est un autre monde

Petite histoire d'une arrivé boulversante à l'hôtel...

Tout commence bizarrement. A peine descendu de l'aéroport et passé les traditionnels formalité d'usage (d'ailleurs, j'ai un joli tampon bulgare mauve sur mon nouveau passeport), je sors tranquillement du hall pour rejoindre un panneau avec le nom de l'entrprises dressé fièrement. V'la ti pas qu'on me prend ma valise. Non mais !!! Je suis assez grand. Je peux la porter tout seul !!! Et ben non, le monsieur la met dans la voiture de l'hôtel qui était venu nous chercher. On se fait conduire. Ca fait vraiment bizarre. D'habitude, le chauffeur, c'est toujours quelqu'un que je connais ou alors il y a au moins vingt personnes autour de moi. On arrive devant le lieu de résidence. Des dorures partout, ca brille dans tout les sens. Deux grooms arrivent pour prendre les valises. Je passe un vrai contrôle d'identité. Ben oui, faudrait peut-être pas que tu t'en ailles sans payer... Avec une carte VISA et un passeport, c'est toujours plus facile.
Alors, on me monte ma valise jusque dans ma chambre (qui soit dit en passant est bien plus grande que mon home sweet home). J'en suis gêné... Je ne sais pas quoi faire. J'ai l'impression d'être un assisté !

Et la palme, c'est quand même ce matin au petit-déjeuner. On me demande si je veux du thé, du café ou quelque chose d'autre. Je lui dis gentillement comme elle était débordée la Madame que je peux me servir tout seul. Et bien je me fais engueuler !!! Décidement, le luxe, ca me plaît pas du tout. On peut rien faire tout seul. Il faut toujours attendre qu'on te serve et en plus, j'ai l'impression qu'on me prend pour un incapable... Je trouve pas ca vraiment plaisant.

Bref, le luxe, c'est pas pour moi et j'en veux pas. Ca nous retire toutes ces petits délices de la vie quotidienne comme respirer l'arôme du café lorsqu'on le verse dans la tasse...

A l'Est, rien de nouveau...

Alors, voila, je remercie Anne qui n'a pas fait dure le suspense très longtemps. Je suis arrivé hier en Bulgarie après 2h15 de vol qui auront en fait duré 3h15. Décalage horaire oblige.
J’ai pu remarquer les compétences du pilote en matière de traduction. Un -12 degrés allemand s’est transformé en -10 degrés anglais… Bref.
La chose qui surprend lorsque l’on survole Sofia, capitale, c’est le no man’s land environnant. Rien aux alentours hormis des champs à perte de vue. La ville est enserrée entre deux chaînes de montagnes. Le temps y est pour le moment radieux ce qui pourrait expliquer les températures fortement négatives.

Tous les a priori (ou presque tous) que l’on peut avoir sur un pays de l’Est sont vérifies. La pauvreté est partout, peut être pas plus qu’ailleurs mais les moyens pour la camoufler ne sont pas aussi visibles qu'à l’Ouest. On y côtoie Lada et grosses voitures allemandes. Les passages piétons sont inexistants. On traverse au petit bonheur la chance. Les tramways ressemblent a ceux des documentaires sur la chute du mur, les routes sont dans un état déplorable. Le point positif, c’est que pour ceux qui viennent de l’Ouest, la vie est relativement bon marché. Un menu principal dans un restaurant un peu chic coûte 3 euros. La cartouche de cigarette coûte 11 Euros (si si, vous savez, celle qui coûte entre 40 et 50 Euros en France). J'ai découvert la ville hier. Elle est magnifique de contrastes et de lumière. Photos à l'appui. Vous saurez tout cela dès mon retour. En attendant, il faudrait que je me mette à travailler. Ici, le soleil se couche une heure plus tôt...
Il faudrait aussi que je vous parle de mon premier vol, de mon premier hôtel quatre étoiles. Demain.

PS: J'espère que vous m'excuserez pour les raccourcis "Ouest/Est" mais la différence est tellement flagrante et démesurée...

dimanche 6 février 2005

Où vais-je ?

Quelques indices sur ma destination:
  • Frontières terrestres: 1.808 km
  • Littoral: 354 km
  • Extrémités d'altitude: 0 m > + 2.925 m
  • Population: 7.707.495 habitants (en 2001). 0-14 ans: 15,11 %; 15-64 ans: 68,17 %; + 65 ans: 16,72 %
  • Espérance de vie des hommes: 68 ans (en 2001)
  • Espérance de vie des femmes: 75 ans (en 2001)
  • Taux de croissance de la pop.: - 1,14 % (en 2001)
  • Taux de natalité: 8,06 ‰ (en 2001)
  • Taux de mortalité: 14,53 ‰ (en 2001)
  • Taux de mortalité infantile: 14,65 ‰ (en 2001)
  • Taux de fécondité: 1,1 enfants/femme (en 2001)
  • Taux de migration: - 4,9 ‰ (en 2001)
  • L'anglais, le russe et l'allemand sont les langues les plus pratiquées. La pratique du français reste assez confidentielle.
Je crois que ça fait quand même pas mal d'indicie, non ?? ;)

La suite, demain !